vendredi 21 avril 2017

C'est pas celui d'ma mère

Le 15 février, Petite Fleur est née.
Le 12 mars, le Grand a eu 17 ans.
Le 7 avril, la Boubou a eu 6 ans.

Et aujourd'hui... c'est moi qui prends une année.

Rien de prévu si ce n'est tenter de prendre un bain pendant la sieste de Petite Fleur.

Et ouais, mine de rien...



jeudi 20 avril 2017

Eclosion #2 : elle sentait la pâte à gâteau

Le soir du14 février, le PSG m'offre un match de rêve contre Barcelone (on parle du match ALLER. No comment), j'en aurais pleuré. C'était beau. Je me suis couchée heureuse et ko. Nous avions marché toute la journée histoire d'activer un peu les choses et d'oublier mon absence totale de contractions depuis plusieurs heures
A 23h00, la douleur me réveille. J'allume mon téléphone et je décide de gérer tranquillou. Ça ressemble à la veille au soir, sauf que ça chatouille drôlement plus. Minuit passe, puis une heure... Les contractions se rapprochent et je les gère en soufflant, en sifflant et en couinant. A 3heures, je me mets à quatre pattes et je lâche un "Woh puuuutain" qui réveille mon amoureux. Je peux encore tenir...
Une heure plus tard, nous sommes habillés et réveillons la Boubou au dernier moment. Je crie de douleur en descendant l'escalier et elle se met à pleurer de peur. Je crois que ça m'a fait encore plus mal que la contraction. Nous arrivons à la calmer et tout le monde saute dans la voiture. Je veux dire, tout le monde monte en voiture. Parce que sauter là tout de suite hein. Bon.
Je dois dire au revoir à ma grande fille et c'est pas facile facile. On va se revoir, je le sais bien, mais j'ai envie de rester avec elle encore un peu, encore quelques minutes où elle est ma petite dernière.

4h15 pétantes et me revoilà aux urgences. Je lâche un pitoyable et larmoyant "s'il vous plait, ne me renvoyez pas chez moi !". Aucune chance, je suis...à 6 centimètres, j'ai très mal. Je sais que ce genre de détail un peu mièvre peut saouler, mais croyez-moi, à ce moment-là ces 6 centimètres sont toute ma vie.
Branle-bas de combat. On nous prévient que ça va aller très très très vite. Il reste quatre petits centimètres, c'est mon troisième bébé et je suis officiellement en travail depuis 23h00. Cinq heures, c'est déjà bien pour un troisième, je vais dégommer les 4 derniers centimètres en moins d'un heure. c'est ce qu'on me dit et c'est ce que je crois. J'entre dans une salle de travail toute belle et toute propre, avec une baignoire (mon rêve, mais aurais-je le temps en une heure), des ballons et tout ce qu'il faut.
On me laisse tranquille et c'est génial. Enfin, c'est génial d'être tranquille mais en fait je douille sévère. Le monitoring montre de belles contractions mais le travail n'avance pas d'un poil. On m'installe un monito portable pour que je marche un peu mais rien n'y fait. On me propose de rompre la poche des eaux, mais je refuse. On me propose la baignoire et j'accepte. c'était mon rêve la baignoire. En fait, ça n'a pas été agréable du tout. Ça aide à supporter oui, mais ça n'a rien à voir avec un super bain de la maison, je ne sais pas comment me tenir, je m'agace moi-même, je m'énerve et, le LOL du moment, je demande à la sage femme une petite éponge pour "nettoyer un peu parce que j'ai perdu du sang dans l'eau". Ça a fait rigoler tout le monde pendant que je me roulais en boule comme un vieux chat malade.
Ça doit être chouette quand on n'accouche pas
Il est temps de faire une petite vérif-au-doigt. Il est 8h00, je suis à...7 centimètres. J'ai envie de mourir de déception. Un p***** de centimètre en une heure de souffrance. La deuxième équipe arrive pour prendre la relève et je pleure parce que ma gentille sage-femme indienne s'en va. Je voulais tellement que ce soit elle. Elle m'avait promis un accouchement sur le côté comme pour la Boubou. Et elle s'en va.
Cette fois, j'accepte la rupture de la poche et ça devient encore plus douloureux mais j'étais prévenue. On me parle aussi de souffrance du bébé, du fait qu'en principe il faudrait me mettre une perfusion pour accélérer les choses (je la refuse aussi) et on me demande si je refuse toujours la péridurale. 
Je suis désespérée et je leur demande d'aller chercher l'anesthésiste parce que je baisse les bras. Et la sage-femme a cette réaction géniale "Est-ce que vous êtes sure ? C'était un souhait depuis le début de vous en passer... Je vais l'appeler mais je vous laisse quelques minutes pour reprendre des forces".
En fait, elle nous laisse vingt minutes. Et c'est salutaire (je veux dire pour moi qui n'ai jamais voulu ni eu de péridurale), je réussis à nouveau à respirer et à supporter les contractions. Comme à l'entrainement, comme on dit au foot.
A 10h00 je suis à 9 centimètres et on se prépare. La sage-femme a essayé de repousser le peu de col qui reste autour de la tête du bébé. Ça m'a fait trop mal et je lui ai hurlé d'arrêter avant qu'elle y arrive. Le bébé est coincé. Et là je sens que je peux le faire en poussant. Alors je pousse. Deux fois. 


Elle est toute blanche et pleine de vernix. Toute petite et pas le gros bébé qu'on m'avait prédit. Elle pousse un unique cri. Un petit miaulement qui lui vaut aujourd'hui le surnom de Bébé Chat. On me la donne. Elle sent la pâte à gâteau. Elle ouvre les yeux, puis s'endort. Elle sent tellement la pâte à gâteau, la pâte crue. Je l'appelle par son prénom. Son papa est très ému, on nous félicite.
Et on nous laisse tranquille tous les trois.  Je la regarde comme un miracle. 
C'est comme si c'était la première fois. A chaque fois en fait, c'est comme si c'était la première fois.
La pâte à gâteau et moi