mercredi 30 novembre 2016

Nanette au Casino de Paris

Dimanche matin, j'étais avec ma fille au Casino de Paris. Pour le spectacle de Peppa Pig, un dessin animé que je déteste, que ma fille ne regarde pas plus que ça mais nous avions des places et les spectacles à Paris, on adore ça.

Le Chéri nous a déposé en voiture à l'issue d'un trajet de 35 minutes à visées culturelle et géographique :

- Boubou regarde : là c'est Notre Dame, la magnifique église ! Elle est tellement grande qu'on l'appelle cathédrale. Tu la vois ? (Nous LONGEONS Notre Dame, parfaitement visible et énorme depuis la voiture)

- Nan je la vois pas ! C'est encore loin Peppa Pig ?

- ... Et là, tu vois, c'est la Place Vendôme, c'est très joli. Il y a des boutiques qui vendent des colliers très chers tu sais !

- Tu m'achèteras un collier Peppa Pig ? Et c'est encore loin ?

Je pense, et vous en conviendrez, qu'il est inutile de commenter le comportement inculte de cette enfant qui préfère un cochon qui parle à la beauté de notre belle capitale.

Nous voilà sur place. Je jubile parce que nous sommes très très bien placées. C'est pas que j'ai envie de bien voir le cochon qui parle mais ça m'évite d'avoir une petite fille qui gigote sur les genoux.
Il y a du monde autour de nous, un joyeux brouhaha d'enfants impatients. Je suis installée bien confortablement dans une loge bien en face de la scène. Avec un Monsieur Beau gosse et sa fille. Deux mamans discutent à côté de moi et me filent la nausée malgré mon deuxième trimestre bientôt terminé :

- Nan mais tu sais que je suis pas à l'aise dans une salle de spectacle avec tout ce qui s'est passé (jusqu'ici tout va bien, je ressens la même chose). Les portes vitrées à l'entrée c'est bien joli, mais un coup de fusil d'assaut ça te pulvérise tout ça (j'hyperventile en serrant très fort ma Boubou).
- En même temps, on ferait des bonnes cibles là ! Dans une salle de spectacle, à Paris... pour un spectacle pour enfants qui met en scène une famille de porcs ah ah ah ! (ça y est, je vais vomir. Et tout à coup, j'aime Peppa et tous ses amis).

Le Monsieur Beau Gosse lève les yeux au ciel en me regardant. Ah, les lumières s'éteignent et nous évitent d'autres commentaires nauséabonds sur le rapport entre Peppa Pig et le terrorisme. Y'a tellement de cons partout, c'est ouf.

Le spectacle peut commencer :

- Les amiiiiiis voici Peppa ! Mais ouiiiii Peppa Pig !!! Peppa Pig est la plus gentille des petites cochonnes !!! C'est la plus coquine des cochonnes !!

Et tout à coup on l'entend... Le rire général...des PARENTS. Contenu, étouffé, mais bien là. Le sous-entendu nous a tous réveillés et c'est avec un œil nouveau et attentif que nous suivons les aventures de la plus gentille des petites cochonnes. 

Bravo les auteurs !


P.S : Le spectacle était très sympa, les enfants ont participé dans une super ambiance. Peut-être un peu naïf pour ma Boubou mais elle a apprécié quand même.
Carton rouge comme à chaque fois pour les ventes de produits dérivés hors de prix avec une mention spéciale au bâton lumineux à 10 balles.

lundi 28 novembre 2016

Six mois sans doigts

Pour mes deux précédentes grossesses, j'ai été suivie en clinique privée (rose et jolie) et dans un hôpital public (vieux et pas très beau).
Les deux fois, je ne me suis pas posée la question de la surmédicalisation de la grossesse, des examens superflus etc... Et pour les suites de couches, c'est pareil. J'ai aimé mes deux séjours à la maternité, le premier en chambre individuelle et le second avec une jeune femme dont le bébé dormait une minute après l'absorption du biberon (la honte quand ta gamine ne dort jamais).
Quant aux examens, je ne les ai jamais trouvés "de trop", au vu des petits pépins que j'ai pu avoir les deux fois. Les hôpitaux ne me mettent pas mal à l'aise et je le vis à chaque fois comme un rendez-vous avec mon enfant. Et avec la balance (cette grosse catin menteuse).

Cette fois, je suis "inscrite" à la maternité mais suivie (de près, à cause de deux accidents avant) par une sage-femme "de ville", qui elle, communique avec la maternité puisque je suis classée "à risque" (petit le risque).
Ma sage-femme est sympa et adore parler de bouffe, tout en me faisant la guerre pour les kilos (c'est le seul point qui me dérange vraiment chez elle, mais j'en reparlerai). Elle est hyper vigilante sur ma tension qui a tendance à grimper, sur mes kilos donc, qui arrivent par deux, sur mon placenta qui doit bien faire son boulot sinon gare mais elle ne "m'examine" jamais.
Et ouais, pas de doigt. Ni un, ni deux. En six mois, aucun tâtage de col. Et je dois dire que je trouve ça pas mal.

Ceci dit, je pense avec une nostalgie gênée à mon Dr Turc, qui, alors que j'étais enceinte de 6 mois de ma Boubou, avait grimacé en m'examinant et avait prononcé ces phrases inoubliables :

"Vous êtes très constipée non ? Ah oui, là vous êtes très très constipée !".

Je me refuse aujourd'hui à penser à ce qu'il a senti ce jour-là. J'ai mangé mes fibres et avalé un sachet de Forlax tous les matins en ne pensant qu'à mon bébé et pas à mes quelques crottes coincées là où un index vicieux a pu les sentir. LA HONTE.

Mais là rien. Si elle avait voulu au début, j'aurais refusé, les trois premiers mois, toute tentative d'approche de cette zone étant relativement compliquée pour moi (pardon chéri). Mais elle ne l'a jamais proposé, jamais. On fait une petite écho de contrôle systématiquement, la fameuse pesée (qui me gonfle et me déprime), on lit ensemble les détails des analyses pipi... Mais pas de doigts !

Mardi dernier, une douleur à la con qui m'a pliée en deux, m'a conduite aux urgences et pour la première fois en six mois, on m'a demandé (et pas informée, ça c'est plutôt cool) si je voulais bien qu'on m'examine. Bon, hein, j'ai pas aimé, mon col et moi on n'est pas particulièrement potes il faut dire. Et pourquoi, bordel, j'ai toujours l'impression qu'elle va toujours cherché mon col au fin fond du Bengladesh ? Mais il fallait être sûrs, savoir d'où venait cette fichue douleur (RAS, ouf !) alors comme à chaque fois, je me suis crispée quand on m'a dit de me détendre et voilà.

Tout ça pour dire quoi déjà ? Pas grand chose en fait. Ça ne m'a pas manqué, mais j'ai réalisé que j'entrais dans mon dernier trimestre et que sans doute, mes prochains doigts mesureront mon degré de dilatation ♥ (bon appétit).
Quand à la Mini, elle pousse toujours très bien, me bouffe toutes mes réserves d'énergie, de fer, de globules rouges et fait très régulièrement grimper ma tension. Elle bouge et j'aime ça 4 fois sur 5.
TOUT VA BIEN.

NON, ça ne s'est pas toujours appelé Twix (espèce de sale jeune !)

jeudi 17 novembre 2016

J'ai encore rêvé d'Elle

Cette nuit, j'ai encore rêvé d'elle. De la petite fille que j'attends et qui devrait arriver au début du mois de mars.

Dans mon rêve, elle était toute petite, comme son frère et sa sœur qui pesaient moins de trois kilos quand ils sont nés.

Dans mon rêve, elle n'avait pas du tout de cheveux et une petite bouille fâchée comme ma petite Boubou. Je les présentais l'une à l'autre et c'était bien.
Je la posais dans les bras de son père et c'était bien.

Dans mon rêve, on ne me posait aucune question sur le pourquoi du comment, ni si c'était voulu et par qui. Je ne ressentais pas cette petite gêne atroce quand je dois expliquer les choses, les noms de famille qui seront différents.
Dans mon rêve tout le monde était content et fêtait cette petite fille qui a tenu bon après deux qui n'ont pas voulu s'accrocher.

Dans mon rêve, le plus beau c'est que j'étais vraiment jolie après avoir accouché. C'est pour ça que ça s'appelle un rêve ! Dans la vraie vie je prends les kilos par deux depuis deux mois et j'ai une mine affreuse.

Dans mon rêve, cette petite fille, on l'appelait Victoire et pourtant je n'aime pas forcément ce prénom.

C'était un joli rêve même s'il y avait plusieurs de mes angoisses dedans. Un rêve qui me donne envie d'écrire un peu plus ici, sur mon blog paisible où je peux dire absolument tout ce que je veux.
Et pas seulement en rêve.