jeudi 23 juin 2016

J'ai vu : Bienvenue à Marly Gomont

Dans ma nouvelle vie je vais plus souvent au ciné. Parce que je peux avoir des places pour (beaucoup moins cher que ce que ça coute en vrai). Non mais 14 balles la places de cinéma, on en parle ? N'importe quoi. Bref.

Mardi soir, je suis allée voir "Bienvenue à Marly Gomont", en amoureux. J'avais envie de voir ce film, une sorte de préquel de l'un des premiers buzz des internets.
Et puis, j'ai une tendresse particulière pour Marly, où j'ai passé l'une des meilleures soirées de ma vie à boire, manger et danser en l'honneur d'une amie. Il y avait sa famille, des natifs du coin, et même le Maire quoi. Ma copine a le bras long il faut dire. Ce soir-là j'ai dansé le madison. Ce fut donc une bonne soirée. Fin de la digression. (je vous ai dit qu'il y avait une tireuse à bière et que j'en ai bu...un certain nombre ?).

Alors je suis allée voir ce film. Pourtant, la critique était partagée : trop de bons sentiments, trop niais, pas assez creusé pour les uns, émouvant, sincère, vrai et assez drôle pour les autres.

Au départ de ce film il y a Kamini ou plutôt Seyolo, le père de Kamini, fraîchement diplômé d'une fac de médecine française mais natif du Zaïre. Fraîchement médecin donc, avec une famille restée au pays (femme, fille et fils) et qui se voit proposé un job de médecin généraliste... à Marly Gomont (dans le nooooord). On est loin du Paris-Tour Eiffel dont rêvait Madame et arrivés là-bas, il leur faut s'adapter à ce village qui n'a "jamais" vu de Noirs. Enfin jamais vu, je dirais plutôt jamais côtoyé.
Autant dire que ce n'est pas gagné. 
Le film, sans vous en dire trop retrace justement ce parcours parfois difficile pour se faire un nom, un poste, une réputation et des amis, dans un village au départ un peu hostile. Quitte à s'oublier un peu parfois. Alors oui hein, ça parle de différence parce qu'ils sont noirs et viennent d'Afrique. Mais je repense à mon grand-père que je n'ai pas connu et qui a mis plus de 7 ans pour se faire accepter par le village de ma grand-mère. Parce qu'à l'époque, les békés n'épousaient pas les noires...
J'ai trouvé le film très beau et très drôle. Un film qui fait du bien au moral.

Évidemment, le tout est un peu romancé, comme dans la plupart des biopic (ça n'en est pas un). Kamini et le réalisateur Julien Rambaldi ne s'en cachent pas. Dans le film Kamini a une soeur et c'est tout, dans la vraie vie, ils étaient plus nombreux. Ça explique pourquoi il est présent dans le film en 75 alors qu'il est né un peu plus tard.

L'acteur qui joue Kamini enfant (= bouille à bisous)

 Bon, je vous l'avoue, j'ai pleuré. Ça m'a fait pensé à mon père qui me manque tellement (en retraite pépère en Gwada). Ça m'a fait pensé à ma sœur aussi. Les scènes de Noël. Pfiouuuuuuu.  

A noter, la présence de la sublime Aïssa Maïga (son bonjour décalé au marché "Vindiou ! Vindiou !") et de Marc Zinga ("t'as déjà vu des Noirs en équipe de France toi ?"), que j'avais déjà trouvé excellent en dictateur dans Mister Bob (un téléfilm Canal + sur Mobutu) avec Clovis Cornillac.

Pour l'anecdote, mon Amoureux m'a tannée pendant tout le film "alors tu reconnais des endroits ? les maisons là, ça doit te parler non ?" A un moment il m'a semblé reconnaitre un ou deux trucs...
Et puis j'ai appris que ça avait été tourné en Belgique 0_0 (smiley déconfit).